Le dimanche de tous les frissons s’est soldé par un appel au calme du président camerounais qui avait pourtant cultivé un certain mutisme au plus fort de la contestation. Allant jusqu'à prolonger son séjour hors du pays par ce temps de tension. Les radicaux qui entendaient proclamer,  symboliquement la sécession des provinces anglophones, se sont violemment heurtés aux forces de l’ordre. La sécession n’a pas eu lieu mais un bilan non encore officiel fait état de sept morts liées aux heurts. 

C'est une entaille qui va laisser des traces dans l'unité du Cameroun et qui accentue la crise larvée dans les régions anglophones. Au point qu'à la fin de la journée de dimanche, Paul Biya, le président camerounais qui cultive d'habitude le silence, s'est fendu d'un communiqué lapidaire mais saisissant, diffusé en français et en anglais, sur les réseaux sociaux.
Temporisation présidentielle après un week-end électrique

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« Je condamne de façon énergique tous les actes de violence, d'où qu'ils viennent, quels qu'en soient les auteurs. [...]. Que l'on se comprenne bien, il n'est pas interdit d'exprimer des préoccupations dans la République. En revanche, rien de grand ne peut se construire dans la surenchère verbale, la violence de rue et le défi à l'autorité. Seul le dialogue serein permet de trouver et d'apporter des solutions durables aux problèmes »

Avant cette annonce présidentielle de temporisation, le 1er Octobre, journée de toutes les peurs, a été électrique. Face à un impressionnant dispositif de police, les séparatistes ont bravé le couvre-feu dans les régions Sud-Ouest ou Nord-Ouest pour tenir leur promesse de décréter unilatéralement l'indépendance des régions anglophones.

AMBA